Selon la majorité de ces consommateurs, l’assurance de remplacement leur a été proposée à la toute fin du processus d’achat, au moment de la signature, et non lors des négociations qui se sont déroulées les semaines ou les jours précédents. Cela ne leur a pas donné suffisamment de temps pour y réfléchir en toute tranquillité.
Protégez-Vous a également constaté cette situation. En octobre 2014, l’un de leurs journalistes s’est fait passer pour un acheteur potentiel en visitant trois concessionnaires de la région de Montréal. À sa grande surprise, les vendeurs ne lui ont jamais mentionné l’existence de l’assurance de remplacement.
Lorsque le journaliste a demandé des informations à ce sujet, les vendeurs ont affirmé que seul leur supérieur pouvait fournir des détails sur ce produit d’assurance. Cependant, deux représentants ont accepté de donner une estimation de la prime à débourser, à titre purement informatif.
En pratique, il est courant que la proposition d’une assurance de remplacement soit faite au moment de la signature du contrat d’achat d’un véhicule, généralement par le directeur financier de la concession.
Cette situation est vivement critiquée par les courtiers et agents d’assurance, qui estiment que les concessionnaires en profitent et choisissent un moment opportuniste, à savoir la fin du processus de vente, qui peut être comparé à un entonnoir. À ce stade, les clients sont souvent pressés d’en finir, souligne Jean Bilodeau, président du Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ).
«On suit scrupuleusement ce que prescrit la loi et nos adhérents respectent toutes les obligations, notamment celle d’informer complètement les clients», rétorque Jacques Béchard, président de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ).